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Mes 10 ans en Bulgarie

Mes 10 ans en Bulgarie

Nous y voilà.

Il y a exactement 10 ans jour pour jour, j’arrivais un soir d’hiver sous la neige à Sofia, avec ma valise et mon ordinateur encartonné sous le coude.

L’amour et l’envie de changement m’avaient poussé à tout mettre en œuvre pour me lancer dans cette nouvelle aventure, la première de ma vie à vrai dire…

Raconter 10 ans de sa vie en un article semble difficilement réalisable, mais on peut toutefois citer quelques faits marquants et exemples concrets pour se faire une idée générale.

Pendant ces 10 ans :

  • Je me suis marié.
  • J’ai eu un enfant.
  • J’ai appris le snowboard, au point d’en faire ma passion principale. Je glisse chaque week end en hiver, alors que j’ai découvert mes premiers paysages enneigés à 25 ans !
  • J’ai connu des (très) hauts et des (très) bas dans le business. Passer du brunch au Hilton, à la banitsa comme seul repas (10 centimes), c’est plutôt extrême en comparaison avec la vie rangée d’employé que j’avais menée jusque là.
  • J’ai perfectionné mon anglais, appris le cyrillique, le bulgare.
  • J’ai rencontré des centaines d’expatriés, de tous continents.
  • J’ai monté un club de foot pour expatriés.
  • J’ai corrompu des policiers, malgré mes valeurs (quel naïf !).
  • J’ai découvert plus de pays que dans toute ma vie. Énormément de voyages à une certaine période.
  • J’ai appris à conduire sans ceinture.
  • Je n’ai pas mangé de camembert ni de croissant pendant des mois.
  • J’ai appris à être ambitieux, en montant 4 business.
  • J’ai appris la patience en devenant « père au foyer ».
  • J’ai repris et arrêté la pêche.
  •  J’ai repris et arrêté la clope.
  • J’ai pris près de 20 kilos, et un paquet de cheveux blancs.
  • Et pourtant, j’ai appris à marcher plus de 50 mètres, alors que je ne me déplaçais qu’en voiture, même pour aller acheter le pain.
  • J’ai perdu le contact avec la majorité de mes amis en France, de ma famille.
  • J’ai vu des paysans labourer les champs à la main.
  • Je croise des millionnaires dans la rue tous les jours (mais également des pauvres sans aucun espoir de vie meilleure).
  • J’ai attendu en vain la revanche de la France, suite à notre défaite en football (1993) – Ceci dit, j’ai joué (et perdu, grrrr) contre l’équipe de Kostadinov dans un tournoi amateur!
  • J’ai appris à vivre plusieurs jours sans eau, sans électricité, sans internet, conséquences des fréquentes coupures.

La Bulgarie, avec la vie, ça marque son homme. Rien d’exceptionnel, mais ça fait un drôle d’effet de mettre cette liste sur papier.

Avec le recul, difficile de dire si ces 10 ans m’auront plus enrichi que si je les avais passées en France, ou ailleurs. De toute façon, on s’en fout. Voilà un autre truc que j’ai appris ici : ne pas se morfondre sur le passé.

Les plus belles années restent les toutes premières, quand je découvrais la culture, les traditions, les gens, avec ma candeur de Français si émerveillé devant cette vie au goût de l’authentique. Apprendre le langage, faire mes premières blagues en bulgare, jouer l’étranger ignare alors que je comprends tout ce qui se dit devant moi, découvrir un patatnik à Pamporovo, du vin frais dans une cave à Melnik, les grottes de Ledenika ou de Yagoda, des nouvelles pistes à Bansko ou une danse populaire lors d’un mariage…

Moi qui ne partais en vacances qu’une fois par an, voilà que chaque week end je partais à la campagne, montagne, et parfois la mer pour 4-5 jours !

Tous ces souvenirs restent gravés au fond de mon crâne. Ce sont eux qui sont à l’origine de mon changement de vie. Chaque évènement semblait unique, chaque nouveau lieu magique. Et cette soif de découvrir à énormément stimulé ma curiosité, je voulais en découvrir toujours plus.

Tout n’est pas si rose au pays des Bisounours !

Il y a beaucoup de bons côtés à la vie en Bulgarie. J’en parle souvent sur ce blog et en ai fait largement l’apologie dans des articles passés. Mais le temps a passé depuis mon arrivée. Beaucoup de choses ont changé, tant au niveau de l’environnement que dans ma vie privée.

Passer 10 ans en Bulgarie après avoir vécu en France depuis sa naissance, c’est prendre un chemin initiatique inversé. Tel un Néo qui sort de la Matrice pour découvrir la réalité du Monde physique, on passe du monde des Bisounours à « Slumdog Millionnaire »…

Pour vivre en Bulgarie, il faut accepter certains épisodes, certes anecdotiques dans une vie de tous les jours, mais parfois marquants en comparaison avec le long fleuve tranquille d’une vie parisienne.

Pour la première fois de ma vie, j’ai vu des SDF fouiller dans les poubelles de mon immeuble chaque jour, alors même qu’on va jeter nos ordures sous leur nez, pas le choix.

Ma petite personne a également été choquée par le comportement presque suicidaire de certains chauffards, moi qui croyait que « Mad Max » n’était que de la fiction.

Pour la première fois de ma vie encore, plusieurs scènes de meurtres ont eu pour décor mon quartier et même la rue où j’habite. Tantôt un patron de banque qui se fait assassiner à la mitraillette par des mafieux notoires au croisement sous ma fenêtre, tantôt des petits malfrats qui règlent leurs comptes à la terrasse du café d’en face, et dont le pistolet se retrouve jeté ensuite dans la cage de mon escalier.

Pour la première fois encore, j’ai travaillé dans un bureau situé à 100 mètres du lieu d’un attentat à la bombe, visant une pharmacienne qui refusait d’engraisser la Mafia locale.

C’est toujours pour la première fois que j’expérimente presque chaque année un tremblement de terre. Si au début, je me retrouvais souvent en panique en voyant ma télé sur le point de se renverser, je n’ai presque plus aucune réaction quand cela se produit aujourd’hui. Ça m’amuse presque.

Et c’est bien ça le plus triste. On finit par s’habituer à tout ! Si au début j’étais très enthousiaste et remonté à l’idée de venir en aide au « pauvre petit peuple bulgare », le temps a fait son œuvre et a fini par emporter tous mes idéaux, pour ne laisser au final qu’un triste fatalisme.

Accepter des choses qui m’auraient choqué il y a 10 ans m’attriste un peu, je l’avoue. Mais cela n’efface en aucun cas tous les bons côtés de la vie bulgare, tous les bons moments, les endroits extraordinaires et les gens qu’on y rencontre.

Bien évidemment, ce genre d’évènements ne se produit pas tous les jours. Et la violence existe aussi en France ou ailleurs en Europe, j’en suis conscient.

Mais cet état d’esprit me dérange principalement en ce qui concerne mon fils. Si j’ai un passé et un vécu qui me permettent de faire la part des choses face à cette situation quotidienne, lui ne pourra pas comparer et prendra tout ce qu’il voit comme un standard. Et il sera d’autant plus influencé par son entourage, conditionné lui aussi par cette « norme ».

Pendant des années, j’ai beaucoup discuté avec des amis bulgares qui n’ont jamais compris pourquoi j’avais quitté la France pour venir dans cette « galère ». Je leur ai expliqué que la qualité de ma vie en Bulgarie était réellement supérieure à ce que je vivais en France, à Paris, sans enfant.

Mais la donne change, et nous aussi on change avec le temps.

Et suite à toutes ces discussions, ils sont nombreux parmi mes amis à conclure la même chose : la Bulgarie est l’endroit idéal pour vivre de 20 à 35 ans. La France de 35 à 50 ans. Et la Suisse après 60 ans !

J’y ai beaucoup pensé, et ce plan de vie ne me déplairait pas :o)

En fait, la seule contrainte qui me fait penser à éventuellement quitter la Bulgarie, c’est le manque de protection face à l’avenir. Comment rêver à une retraite de 150 euros grand maximum, et avancer dans l’âge avec des services médicaux plutôt basiques et parfois peu compétents (je parle d’expérience. Je sais qu’il existe de très bons médecins en Bulgarie, mais faites un tour dans les hôpitaux publics pour jeter un oeil au matériel médical utilisé ! Je vous épargne les multiples périples médicaux que nous avons vécu ici, croyez moi sur parole !).

Ça ne me gênait pas à 25 ans. C’est plus dérangeant aujourd’hui.

Et puis j’ai envie de changement (ça doit être l’influence subconsciente de « waka waka » François Hollande). Il est toutefois trop dépendant des opportunités professionnelles et financières que nous rencontrons.

Et quand je parle de retourner en France, ce serait plutôt dans une ville de province, à taille humaine. Voilà un autre aspect que j’adore à Sofia : vivre dans une ville à dimension humaine, où on ne se sent pas comme une fourmi parmi des millions d’autres.

Alors le principe reste simple : il faut toujours quitter ce qu’on a pour quelque chose de meilleur. Pas question d’abandonner cette qualité de vie pour galérer dans un HLM de banlieue parisienne !

Si vous me connaissez un peu, vous n’ignorez pas mon affinité pour les Alpes. Voilà mon rêve, partir vivre dans une petite (ou grande) ville alpine, en France ou ailleurs, au centre de l’Europe.

La tâche est complexe car elle nécessite de planifier un changement de vie pour toute une famille. Rien à voir avec ma situation de célibataire 10 ans en arrière, quand il me suffisait de faire mon sac et donner mon préavis pour la location de mon appartement, et tout était bouclé en un mois. D’ailleurs si vous avez des conseils ou des expériences sur le déménagement international, je suis preneur !

En tout cas, si l’opportunité ne se présente pas, aucun souci, je rempile pour 10 autres années en Bulgarie !

C’est sans aucune certitude que je continue de tisser ma toile de Nomade Digital, en espérant m’ouvrir des portes qui me permettront de pouvoir faire un choix dans l’avenir.

En attendant, tradition oblige, je vous lance un « Na zdrave » de mise pour fêter ces 10 ans !

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9 thoughts on “Mes 10 ans en Bulgarie

  1. fascinant ce retour en arriere. 10 ans paraissent long mais la phase suivante est deja entrain de se mettre en place et tu vas avoir l’impression d’avoir ecrit cet article hier dans 10ans prochain. a bientot!

  2. 15 ans de Bulgarie pour moi et je pourrais signer le meme texte, avec les memes impressions et commentairs (a l’exception les kilos en trop et les cheveux blancs:-))
    Plus le temps passe et plus je deviens critique envers la Bulgarie, avec moi aussi des envies de changement d’air, mais les memes contraintes que tu exprimes.

  3. Nazdrave! Je vis en Grece depuis 20 ans et mon compagnon est Bulgare…En ce moment nous cherchons une voie de sortie a la souriciere dans laquelle nous sommes, sans grande envie de quitter la Grece. Un retour en France me parait moi aussi bien complique, et comme tu le dis si bien, pas question de quitter notre qualite de vie (meme sans emploi!) pour aller vivre dans un hlm en banlieue……c’est marrant, mais moi aussi j’ai pense aux Alpes!
    Je viens de temps en temps faire un tour sur ton blog histoire de voir si je trouve quelque chose d’encourageant…j’aime bien la Bulgarie et Sofia, que je ne connais que tres peu….
    Decidemment……saloperie de crise!
    A bientot

    • La Grèce est sûrement l’endroit à éviter en ce moment, mais bon, il suffit d’un job ou d’une bonne idée…

      Bon courage Cathy !

  4. bjr, j’ai acheté en 2008 une maison en bulgarie et j’y retourne chaque année. J’ai 53 ans et tjrs en activité pour l’instant mais je souhaite passer ma retraite là bas. Oui j’y ai vu les avantages et les inconvénients. Mmais ce que je souhaite par dessus tout c’est apprendre le bulgare seule je n’y arrive pas. Serais-tu prêt à m’aider ? merci

  5. j’ai les mms préoccupations, sauf que je suis Bulgare vivant à Paris depuis déja 12 ans.
    The wind of change je connais et me demande quel est la situation en Bulgarie(Sofia) en ce moment..
    Mes amis, qui ne connaissent pas la vie en France ne pourraient pas faire la comparaison de la sorte qu’un expat puisse le faire..
    Je serais ravie d’avoir ton avis

  6. Bonjour Kris,

    Ce post est un peu vieux mais si tu le suis toujours je souhaiterai te demander quelques informations sur la Bulgarie,

    Merci
    Cloe

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